Vie associative

Interview | Étudiants et campus durable : à la rencontre du REFEDD

100% d'étudiants sensibilisés et engagés pour le développement durable et 100% de campus durables. C'est l'objectif du REFEDD, un réseau de 119 associations étudiantes, présent dans 84 établissements et représenté dans 45 villes de France.

Le REFEDD est un réseau d'associations et d'étudiants engagés sur différents sujets de développement durable (alimentation, biodiversité, climat, déchets...).
Au travers de plaidoyers et d'actions concrètes, le REFEDD a un objectif clair depuis plus de 10 ans.



100% d'étudiants sensibilisés et engagés en terme de développement durable et 100% de campus durables !

C'est quoi le REFEDD ? Interview croisée


Zéro mégot sur ton campus ! Exemple d'action nationale



Interview de Julie Alunno, Déléguée générale & Nina Marchais, Chargée de communication



Quels sont vos grands domaines d'action ?


Julie : On fait de plus en plus de formations sur les négociations climatiques, par exemple pour des interventions dans les COP (Conférences climat).


Nina : L'alimentation et l'économie circulaire, aussi. On produit un guide alimentation durable, on travaille sur les déchets dans les universités, leur gestion avec les associations locales.

Julie : Ce qui s'est pas mal développé, c'est l'événementiel responsable. On remarque que c'est un sujet qui plaît aux étudiants. On va bientôt publier un guide pour les associations étudiantes, pour les aider à organiser des événements durables, même pour des assos qui ne sont pas engagées dans le développement durable, justement.



C'est quoi un campus durable ? (expliqué à un enfant de 6 ans)




Julie
 : Un campus qui intègre tous les objectifs du développement durable dans son fonctionnement, mais aussi dans ses formations - de manière transversale - et en intégrant les étudiants dans la démarche. Dans une logique de co-construction.




Nina
 : Par exemple, un campus qui va installer un jardin partagé ; il est accessible à tout le monde : étudiants et personnels. Des projets grâce auxquels tout le monde participe à la vie de l'université.



Comment accompagnez-vous les établissements vers une transition durable ?




Nina
 : On propose des formations « carbone campus », pour le calcul de leur empreinte carbone. On accompagne aussi des Crous sur la gestion des déchets en restauration universitaire.




Julie : On travaille sur un guide « zéro déchet » à destination des responsables du développement durable dans les établissements.




Nina : Et on forme aussi les étudiants pour que ce soit eux qui accompagnent les établissements.



La question qui fâche : c'est trop tard pour agir pour le développement durable ?




Nina : C'est une vraie question, la question de l'effondrement. Est-ce que ça va arriver, et si oui, est-ce qu'on pourra changer les choses avant ?




Julie : Mais bon, on va quand même essayer de rester positifs :)



Même si le dernier rapport du GIEC est un petit peu catastrophique et alarmant, on se dit paradoxalement que ce sont à la fois les étudiants actuels qui vont subir les conséquences mais que ce sont également eux qui ont le pouvoir de changer les choses.



Nina : Et puis, mine de rien, il se passe quand même des choses. Le Parlement européen vient de bannir le plastique à usage unique, Trump a (enfin) admis (un peu) que le réchauffement climatique était réel :)


Julie : On encourage à ne pas baisser les bras.



C'est le moment de s'engager, plus que n'importe quel moment auparavant.



Comment fait-on pour ne pas prêcher que des convaincus ?



Julie : C'est un problème auquel doivent faire face plusieurs organisations, et pas que sur le développement durable. On a en effet du mal à atteindre de nouvelle personnes, qui ont des contre-arguments sur tout ce que l'on peut avancer.




Nina
 : Et je ne suis pas certaine que l'argument qui consiste à dire « qu'il n'y a plus le choix » soit efficace. Parce que si on dit qu'on ne peut plus rien faire, et que c'est trop tard, alors pourquoi les gens auraient besoin de changer leurs habitudes ? Donc c'est compliqué, et c'est aussi pour ça qu'on organise plein d'événements ; ça attire des gens qui ne sont pas forcément très sensibilisés, sur les questions d'alimentation responsable par exemple.




Julie : Oui, et puis tous nos événements sont gratuits et ouverts à tous pour attirer un maximum de personnes.




Nina
 : C'est ça qui est intéressant dans le fait de travailler avec des étudiants : ils vont se parler entre eux et peut-être essayer de se convaincre. Ils sont un peu plus ouverts au changement, en général, sur ces questions-là.



Question plus personnelle : qu'est-ce qui vous a poussé à vous intéresser au développement durable ?




Julie
 : J'ai eu un petit déclic en commençant des études de marketing. Je me suis rendue compte que ce n'était pas pour moi et que je recherchais un boulot qui ait plus de sens - même si ces études étaient très intéressantes !



J'ai bifurqué surtout parce que j'étais en quête de sens, on va dire.



Nina : Mon intérêt pour le développement durable a plus été une progression qu'un déclic. J'ai eu la chance de grandir dans un petit village de Normandie, où il y avait des associations de développement durable, où on faisait bien attention à ces sujets. En plus, c'était au bord de la mer donc il y avait un vrai dialogue autour de ça.



Et puis après j'ai eu un déclic après mon master d'anglais, quand je suis partie à Chicago, dans une université américaine. J'ai vu qu'il y avait un vrai engagement - tu peux presque pas être étudiant sans être engagé !

Tout le monde est engagé pour une cause ou une autre. Et c'est là que j'ai eu envie de ne plus seulement être bénévole mais carrément de travailler dans le développement durable.



Et vous, c'est quoi vos petits gestes du quotidien pour le développement durable ?



Julie : On parlait du numérique ce matin avec Nina, et par exemple j'utilise des moteurs de recherche qui reversent une partie des revenus à des associations. On peut aussi parler des applis dans lesquelles on peut volontairement regarder une publicité pour reverser de l'argent à des assos. Des petits gestes à la portée de tout le monde, comme faire attention à nos mails (leur poids, notamment, qui laisse une plus grande empreinte carbone).

Sinon, dans la consommation : essayer d'acheter le plus possible « en vrac », des produits locaux aussi, et regarder s'il n'y a pas trois emballages en plastique pour emballer un seul produit.



Nina : Alors moi, du très classique : je ne mange plus de viande, je prends les transports en commun - mais c'est facile de dire ça quand on habite à Paris, évidemment. J'utilise le plus possible des cosmétiques que je fais moi-même ou sans emballages. Voilà. C'est surtout être conscients que chaque petite chose a un impact.



La responsabilité est-elle du côté des entreprises, des consommateurs, les deux à la fois ?




Julie : Je suis convaincue que le comportement d'achat peut changer toute la production des produits quotidiens. L'offre et la demande...



Nina : Après, c'est quand même nécessaire d'avoir un cadre règlementaire pour faire réagir les entreprises. Évidemment le consommateur a sa part de responsabilité mais il fait aussi avec ce que les entreprises lui propose ou avec ce qu'il a près de chez lui. Certaines personnes n'ont pas de bio à côté de chez eux, par exemple. Je dirais donc que c'est « moitié-moitié », niveau responsabilité !


> http://refedd.org/



1ère publication : 3.12.2018 - Mise à jour : 4.12.2018