Marion Derouvroy, 23 ans - Trafalgar

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À seulement 23 ans, Marion a déjà beaucoup vécu : de belles publications, la création d'un magazine, le lancement d'une société, mais aussi des échecs et des galères.

Portrait d'une jeune femme littéraire jusqu'au bout des ongles qui a su créer son propre métier.

Marion, profession : tireur de portrait

Jamais je ne pensais gagner ma vie en réalisant des portraits

L'histoire de Marion, c'est l'histoire d'une revanche. Celle d'une jeune femme qui voulait devenir écrivain mais à qui on a dit que ça serait impossible.

Après un bac L, une hypokhâgne, une licence de lettres et plusieurs publications, elle échoue de peu au concours d'école d'édition, à Paris : « On m'a dit qu'aujourd'hui, travailler dans le livre ce n'est plus de la créativité ou de la passion, mais c'est du business. Et en conséquence, j'avais un profil trop littéraire. Si je suis trop littéraire pour le monde de l'édition, qu'est ce je peux faire alors ? » nous explique la principale intéressée. De retour à Lyon, elle décide de renforcer son profil en se lançant dans un double master lettres/IAE (une école spécialisée dans le management), pour continuer dans sa voie littéraire tout en apprenant les bases du marketing ou de la comptabilité.

En parallèle de ses études, elle décide de créer un webmagazine, « Trafalgar le magazine des audacieux », dans lequel elle exerce sa plume en tirant des portraits de lyonnais qui font bouger la Cité des Gones : « c'était un pied de nez : si je l'ai appelé Trafalgar, comme la fameuse défaite française, c'était pour montrer que malgré les « non » entendus pendant tout mon parcours, j'allais y arriver ». En créant ce blog, son objectif est avant tout d'avoir un terrain d'expression pour montrer son style littéraire, et espérer se faire repérer par une maison d‘édition ou une agence de communication. Mais au fil des articles et des portraits, elle commence à avoir des demandes de particuliers, et d'entreprises. Elle n'en revient toujours pas : « Jamais je ne pensais gagner ma vie en réalisant des portraits ». Et pourtant, aujourd'hui elle en a fait son métier.

Ce statut permet aux étudiant-e-s de rendre compatibles études et projet d'activités en proposant la possibilité de substituer au stage le travail sur son projet.

Entrepreneur par hasard... et par audace

L'entrepreneuriat, ce n'était pas du tout un objectif pour Marion. C'est un peu par hasard si elle a lancé son entreprise : « Je n'avais pas ce rêve de devenir entrepreneur. Je ne savais pas si j'aurais les épaules ». Car pour la jeune femme, si le statut est ouvert à tous, tout le monde n'est pas naturellement entrepreneur : «  il faut avoir des capacités de leadership certes, mais on n'est pas entrepreneur à moitié. Il faut se donner à 200 %, et accepter de faire des sacrifices. »

 

Et des sacrifices, elle en a fait. Pas de rémunération au lancement de l'entreprise. 4h de sommeil en moyenne par nuit. Un rythme très soutenu entre le double master, la réalisation d'un portrait par semaine pour l'association, les ateliers de pitch à l'incubateur Jean Moulin, et le développement de l'entreprise. Et bien sur des sacrifices personnels : « ce qui fait que ça a marché, c'est peut-être ma naïveté, je me suis lancé sans me poser de question » confie-t-elle.

Il était hors de question de consacrer 6 mois de stage à autre chose que mon entreprise

Trafalgar a dressé près de 85 portraits, jeunes, audacieux et clients confondus

Alors qu'en master 2, elle sait qu'elle doit réaliser un stage longue durée de fin d'étude, elle opte naturellement pour le statut d'étudiant-entrepreneur : « au début c'était dur, mais il était hors de question de consacrer 6 mois de stage à autre chose que mon entreprise ». Enfin à « 200 % » pour son entreprise, elle y consacre l'essentiel de son temps. Au départ elle rêve que son entreprise puisse démocratiser le portrait ; elle a par exemple beaucoup de demandes de particuliers pour des anniversaires, ou des mariages. Mais très vite, elle reçoit des propositions de start-ups ou de dirigeants d'entreprise : « nous avons donc créé deux entités, la maison de portraits d'une part qui rédige ce qu'on appelle des portraits d'exception, et la maison de rédaction, pour satisfaire les demandes en contenu ». Et le succès est au rendez-vous : aujourd'hui Marion produit en moyenne un portrait par semaine, et les commandes affluent, parfois jusqu'à 10 portraits d'un coup : « le portrait, c'est le plus ancien outil de communication moderne. Naturellement, la demande est forte ».

Dans le cadre de l'incubateur, Marion a eu accès à plusieurs mentors, experts en comptabilité ou en juridique, et à des ateliers pour se professionnaliser et gagner en expérience ; mais ce qu'elle a surtout apprécié, c'était le support moral : « j'insiste beaucoup là dessus : nos mentors nous ont clairement permis de tenir le coup. Se poser dans un canapé, et s'entendre dire qu'il ne faut pas lâcher, que ça vaut le coup, c'était très important ».

 

Afin de valider cette très riche expérience, Marion a obtenu le diplôme de l'étudiant-entrepreneur. Et avec mention très bien. Un atout utile pour sa légitimité en tant que chef d'entreprise, mais pas que : « je n'ai pas du tout envie d'y penser, mais si demain tout s'arrête, je ne serais pas que étudiante en lettre, je serais aussi à même de demander un poste de manager ». Un parachute utile, mais qu'elle n'a pas du tout envie d'ouvrir.

Ce statut permet aux étudiant-e-s d'obtenir une formation qualifiante, dédiée et personnalisée (D2E), à l'entrepreneuriat et à la gestion, validée par un diplôme.

Vous avez l'aplomb, nous avons la plume

Les PEPITE permettent notamment un encadrement personnalisé, un accès à des ressources numériques et favorisent la mise en réseau.

Désormais, elle a ses propres bureaux, prêtés par le studio photo lyonnais 5.56 : « c'est important, ça montre à nos clients que l'on n'est plus étudiant. Cela nous crédibilise » reconnait-elle. Emploi du temps de chef d'entreprise oblige, la jeune fille n'a aujourd'hui plus le temps d'écrire pour le web-magazine. Elle a donc formé plusieurs plumes pour la seconder et reprendre le flambeau : « c'est devenu un tremplin pour des jeunes écrivains ou journalistes ». Mais elle fait également face à un grand enjeu de formation dans sa société : «  c'est une étape fondamentale. La société ne peut être dépendante de ma plume. Et quel que soit l'auteur, il faut que le client soit satisfait ». Pendant des mois donc elle forme les futures plumes de la société, une à une : «  demain, mon rêve serait d'avoir un pool d'auteurs en interne, salariés, avec si possible des spécialités comme les mariages, ou les portraits de grands dirigeants ».

Pas question pour elle de dévoyer la qualité au profit de la quantité. « Notre slogan c'est : vous avez l'aplomb, nous avons la plume ; la promesse est forte, il est primordial de dresser la plume à la sensibilité du client ». Elle est également intransigeante sur sa liberté d'auteur : « nos portraits sont sans complaisance, c'est de la communication, certes, mais on tient à notre indépendance. On a déjà refusé des clients qui ne voulaient pas s'inscrire dans cette démarche ». Elle renchérit : « notre objectif c'est de devenir le Harcourt du portrait écrit ». Un projet ambitieux mais peut-être pas irréalisable.

Quel bonheur aujourd'hui d'être indépendante et surtout d'avoir créé mon métier

Aujourd'hui, Marion ne se voit ni comme un écrivain, ni comme un chef d'entreprise, et encore moins comme un journaliste : « quand j'étais petite, je rêvais de faire un métier qui regroupe l'écriture, la psychologie et le commerce ». Comme ce métier ne semblait pas exister, elle a tout simplement décidé de l'inventer. Elle devient même la portraitiste de dirigeants d'entreprises très connus, qui viennent se confier et tirer le portrait. De quoi ouvrir des perspectives réjouissantes pour l'avenir :« quel bonheur aujourd'hui d'être indépendante et surtout d'avoir créé mon métier ». Marion est définitivement une audacieuse.

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