Concours de création étudiante - Lauréats BD 2017

1er Prix - Noémie Chust (Crous Strasbourg) | 2e Prix - Adrien Yeung (Crous Poitiers) | 3e Prix - Maud Clair (Crous Poitiers) | 3e Prix - Louise Conduzorgues (Crous Rennes Bretagne) | Mention spéciale Coup de coeur du Public - Johan Friedberg-Bermond (Crous Versailles) | Mention spéciale Graphisme - Noémie Fory (Crous Bordeaux)

Le thème pour l'année 2017 était « RUE ».



1er Prix - Noémie Chust - Le léopard



Après avoir longtemps voulu être neurologue, elle découvre des illustrateurs et illustratrices tout juste diplômés de la HEAR, la Haute école des arts du Rhin, et tombe amoureuse de leur manière de raconter des histoires avec des images poétiques et percutantes. Depuis, elle a intégré l'école en première année et espère poursuivre dans l'atelier « illustration ».

Quelles ont été vos motivations pour participer au concours? Pourquoi avoir choisi la bande dessinée ?

Si j'ai souhaité participer à ce concours, c'était pour le thème en lui-même. Je me suis dit que ce serait l'occasion de mettre en avant le problème du harcèlement de rue, dont on entend de plus en plus parler. La bande dessinée me paraissait le médium idéal pour traiter du sujet de manière simple et percutante, avec un peu d'humour.

D'où vous est venue votre inspiration ? Quel est le message que vous avez souhaité faire passer ?

L'inspiration vient (malheureusement) directement du quotidien, à travers mes propres expériences dans la rue mais aussi celles de mes amies. En parler avec humour, c'était avant tout une façon de parler à tout le monde, aussi bien aux filles qu'aux garçons. 

Quel a été votre ressenti lorsque vous avez appris que vous étiez lauréate ?

Évidemment, j'ai été très heureuse quand j'ai appris que j'étais lauréate. Et je suis d'autant plus contente que cela donnera de la visibilité à ce problème. 



2e Prix - Adrien Yeung - La manifestation



Fils de deux artistes peintres, Adrien est né à Sèvres le 14 septembre 1995, et a grandi à Clamart dans les Haut-de-Seine près de Paris. Après l'obtention de son bac il étudiera une année à la prépa des ateliers des Beaux-arts de la ville de Paris (Glacière). En 2014 il est admis à l'Ecole Européenne Supérieure de l'Image (EESI) à Angoulême, ville de la bande-dessinée. C'est là qu'il va découvrir le monde la micro-édition et de la bande-dessinée, ce qui va marquer son travail. En 2017 il réussi à passer son Diplôme Nationale d'Art Plastique, et gagne le deuxième prix du concours jeune talent du festival BDFIL à Lausanne.



Quelles ont été vos motivations pour participer au concours ? Pourquoi avoir choisi la bande dessinée ?

C'est la 3e année que je tente des concours « jeune talent » de BD, c'est un exercice que j'aime bien, cela permet de faire des planches que je n'aurais pas réalisé d'habitude. Et puis les récompenses et la visibilité sont également des motivations très intéressantes pour un étudiant qui veut vivre de ses dessins. J'ai choisi la BD tout simplement car c'est un médium que j'ai l'habitude d'utiliser. 

D'où vous est venu votre inspiration ? Quel est le message que vous avez souhaité faire passer ?

Le thème « RUE » m'a rapidement poussé à faire quelque chose à partir d'une manifestation, puis l'idée m'est venue de « détourner » ce rassemblement en faisant manifester un cirque et notamment des clowns en costume. Je voulais offrir un regard léger sur des événements qui sont souvent présentés comme violents dans les médias. C'est une tentative de dédramatiser ce qu'on voit à la télé en quelque sorte. Le fait qu'un clown devienne président à la fin c'était une bonne chute je trouve, ça permet de dire que la scène politique à quelque chose de l'ordre du spectacle, voire du cirque. 

Quel a été votre ressenti lorsque vous avez appris que vous étiez lauréat ?

J'étais vraiment très content. Parce qu'en plus j'ai gagné également la deuxième place d'un autre concours de BD cette année, du coup ça m'a donné confiance en moi, et donné envie de continuer de faire de la bande dessinée. Merci beaucoup !



3e Prix ex æquo - Maud Clair - Odyssée urbaine



Maud a vécu une partie de son enfance au Québec, dans un cadre qui lui a laissé une impression très forte de ce pays. Arrivée en France, elle a continué de grandir en montagne jusqu’à ses études à l’université de Lettres de la Rochelle. Le dessin l’accompagne depuis toujours, mais sans prendre trop de place - jusqu’à aujourd’hui, où il s’impose de plus en plus à elle.



Quelles ont été vos motivations pour participer au concours ? Pourquoi avoir choisi la bande dessinée ?

J'aime beaucoup les concours parce qu'ils imposent souvent un thème, des contraintes qui m'inspirent toujours ; quand on m'a parlé de celui du Cnous il y a quelques années, j'ai visualisé rapidement ce que je pouvais faire dans les différentes disciplines proposées et je me suis lancée, un peu par hasard. Cette année, c'est la bande dessinée qui m'a vraiment emballée. J'ai vite pensé à un personnage graffé qui s'animerait avec la ville, et qui l'utiliserait pour s'échapper ; chaque case de BD était comme un mur sur lequel je pouvais raconter son histoire.

D'où vous est venue votre inspiration ? Quel est le message que vous avez souhaité faire passer ?

Il y a un quartier dans la Rochelle qui est réservé aux graffeurs, le Gabut ; chaque dessin, du plus discret au plus flamboyant, existe et prend vie dans ce lieu, même si son destin est d'être bientôt recouvert par les couleurs d'un autre artiste. Parfois, un petit personnage, une signature, un clin d'œil s'échappe de ce lieu consacré et se retrouve ailleurs en ville ; c'est ce que j'ai voulu représenter avec ma bande dessinée. La prise de liberté d'un dessin anodin, qui dans mon cas se bat avec la ville pour exister encore un peu plus longtemps.

Quel a été votre ressenti lorsque vous avez appris que vous étiez lauréate ?

Ça fait longtemps que je tente ce concours, parce que ça me donne un sujet et m'oblige à m'entraîner ; je ne m'attendais à rien et j'oubliais la date des résultats. Cette année on m'a appelée pour m'annoncer que j'avais gagné le prix régional, et surtout que j'étais lauréate pour le concours national ; à partir de là, je mourais d'envie de connaître les résultats finaux... Mais quand on m'a appelée, je n'y croyais pas. J'étais très heureuse et fière de mon travail, et maintenant je me dis que j'ai vraiment de la chance.



3e Prix ex æquo - Louise Conduzorgues - Sentinelle



Née en août 1995 à Montpellier, étudiante aux Beaux-Arts et vivant actuellement en Bretagne à Quimper, Louise Conduzorgues est plus connue sous le nom de Messer C. Elle s'est initiée à la BD grâce aux albums d'Enki Bilal et la série Thorgal. Son travail est maintenant nourri de culture pop, de cinéma et d'art contemporain qu'elle digère pour créer un univers onirique où des fictions du réel sont confrontées au fantastique teinté de post-apocalyptique.

Quelles ont été vos motivations pour participer au concours ? Pourquoi avoir choisi la bande dessinée ?

J'avais participé au concours l'année précédente et comme je suis têtue, je me suis dit : « Remettons le couvert ! ». J'ai choisi la bande-dessinée car c'est un art riche et plein de possibilités grâce à la combinaison du texte et du dessin qui lui donne – de mon point de vue, une place particulière entre le cinéma et la littérature.

D'où vous est venue votre inspiration ? Quel est le message que vous avez souhaité faire passer ?

Mon inspiration m'est venue de l'acrostiche en vers libres de la fin de l'histoire que j'avais initialement écrite dans un carnet de texte et poésie et, bien entendu, des dernières manifestations que l'on a pu avoir en France. La Désobéissance civile d'Henry David Thoreau, le film La Haine de Mathieu Kassovitz - surtout le personnage de Saïd, et ce que peut dire Banksy dans son livre Guerre et Spray sur la pratique de l'art et de l'art de rue et le roman La Patience du franc-tireur d'Arturo Pérez-Reverte m'ont également aidé à créer mon histoire et à cerner le personnage du « Petit Seigneur ».

Le message que j'ai voulu faire passer est que la désobéissance ne mène au chaos que lorsque l'ordre n'est jamais remis en question. Dans mon histoire, je parle d'une « impasse ». Elle est physique mais elle est aussi morale : le graffeur sait que ce qu'il fait est illégal mais le policier sait que ce qu'il a tagué est légitime. Dans un sens, la colère, c'est la manifestation. La rage, c'est le graffiti sur le mur. La sauvagerie, c'est ce que le CRS et le graffeur n'ont pas fait, c'est-à-dire, s'entre-détruire. C'est ce qui en font des « sentinelles » car ils ont veillés à l'ordre de la démocratie et à celui de la liberté dans le sens où elle ne nuit à personne.

Quel a été votre ressenti lorsque vous avez appris que vous étiez lauréate ?

J'ai été très heureuse d'apprendre que j'étais lauréate au niveau régional puis au niveau national ! Ça a vraiment été une agréable surprise pour le prix national car il y avait des participations de grandes qualités.



Mention spéciale Coup de cœur du public - Johan Friedberg-Bermond - Rue des nuisibles



Johan est actuellement étudiant en droit à l'université Paris-Sud (Sceaux), après avoir passé 2 ans à Montpellier et obtenu une licence de Gestion des entreprises. Pendant son temps libre, il a appris en autodidacte à dessiner et à élaborer des histoires, notamment humoristiques grâce à l'absurde. Enfant, il lisait beaucoup de bandes dessinées, tout en rêvant d'en réaliser lui-même, mais c'est réellement à l'université qu'il s'est consacré à cette passion.



Quelles ont été vos motivations pour participer au concours ? Pourquoi avoir choisi la bande dessinée ?

Depuis quelques années, je réalise des bandes dessinées. J'aime participer aux concours, car cela me donne un thème précis autour duquel je peux développer ma créativité. Quand j'ai vu que le Crous organisait un concours de bandes dessinées, j'ai tout de suite voulu participer.

D'où vous est venue votre inspiration ? Quel est le message que vous avez souhaité faire passer ?

Quand j'ai vu le thème « RUE », j'ai tout de suite pensé aux pigeons parisiens qui envahissent les places. Il est même déjà arrivé qu'ils « agressent » des touristes qui les nourrissaient. Le parallèle avec l'agression de 2 vieilles dames par des voyous s'est fait par la suite, pour donner un coté absurde à l'histoire.

Quel a été votre ressenti lorsque vous avez appris que vous étiez lauréat ?

J'ai mis du temps à accepter que j'avais réellement gagné un prix du concours du Crous, mais une fois ceci digéré, je me suis senti très fier, et reconnaissant.



Mention spéciale Graphisme - Noémie Fory - Un mal pour un bien



Noémie est étudiante en 2e année de licence Design de produits à l'Université Bordeaux Montaigne. Elle effectuait auparavant des études dans le design de mode et le stylisme chaussures.



Quelles ont été vos motivations pour participer au concours? Pourquoi avoir choisi la bande dessinée ?

J'ai choisi de participer à ce concours après avoir été inspirée par un sujet de cours de pratique graphique. J'ai décidé d'approfondir l'histoire choisie en l'animant avec un graphisme singulier, une lecture particulière. La bande dessinée est un format qui m'a permis de construire l'histoire en intégrant parfaitement les plans architecturaux et narratifs.

D'où vous est venue votre inspiration ? Quel est le message que vous avez souhaité faire passer ?

Je me suis appuyée sur une architecture singulière, celle du quartier Mériadeck à Bordeaux, pour créer l'univers de la rue. Je voulais que cette dernière ait une part singulière dans l'histoire : elle n'est pas un simple décor mais un personnage à part entière !

Quel a été votre ressenti lorsque vous avez appris que vous étiez lauréate ?

Évidemment, j'ai été très heureuse quand j'ai appris que j'étais lauréate. Et je suis d'autant plus contente que cela donnera de la visibilité à ce problème.