Concours de création étudiante - Lauréats Danse 2017

1er Prix - Non-Challence (Crous Montpellier) | 2e Prix - Au-delà des mots (Crous Lyon) | 3e Prix - Artefact (Crous Grenoble) | Mention spéciale - Peau d'âme (Crous Paris)



1er Prix - Léon Barande, Enora Gemin, Mariane Verbecq | Non-Chalence



Ces 3 artistes ont créé cette pièce dans le cadre des « Jeunes Choré-graphes », un évènement organisé par leur école pour présenter des projets d’étudiants au grand public. La ligne directrice de leur travail s’est basée sur les questions suivantes : comment utiliser le corps tel un instrument ? Comment donner corps à la musique ?

En tant que musiciens et compositeurs, le principal intérêt de cette prestation est de mêler les deux disciplines afin qu’elles n’en fassent qu’une. C’est la démultiplication d’un corps en trois entités distinctes à travers un jeu rythmique de contes musicaux. Dans un moment d’urgence, les soutiens des uns et des autres créent la « Non-Chalence ».

Ce qui nous importe le plus dans cette récompense est le plaisir de partager un travail qui a demandé à tous une préparation énorme en amont !

Ensuite aussi la valorisation de nos projets, sentir qu'ils ont été portés un peu plus loin, avec des retours constructifs qui nous donnent confiance pour les projets à venir, qui construisent finalement la danse de demain. 

Et surtout en ce moment, je pense qu'en tant que jeunes danseurs, et même plutôt artistes, on a tous besoin de se sentir soutenus, donc merci pour tout !



2e Prix - Léna NG | Au-delà des mots



Les mots nous entourent, ils encadrent nos pensées, justifient nos émotions, déclenchent nos idées... Mais traduisent-ils bien ce que l’on souhaite réellement dire ? N’est-ce pas un code qui pourrait entraver notre expression sincère ?... Peut-être que notre simple voix suffit pour se faire comprendre.

Dans ce solo de danse contemporaine, le corps dialogue avec des voix ; les mots s’oublient pour laisser place à l’expression... 

Ce concours nous offre l'opportunité de nous produire sur scène, de rencontrer d'autres artistes, de découvrir de nouveaux styles, d'enrichir notre expérience, de créer des contacts, etc. Et puis, les récompenses font rêver ! 

Bien que je ne pense pas que l'intérêt premier du concours soit là-dedans. Le fait que toutes les disciplines de danse soient acceptées nous permet d'ouvrir nos horizons, nous venons d'univers différents et c'est vraiment génial.

Je n'ai absolument pas senti l'esprit de compétition, nous étions dans un état de partage (et je pense que la pluralité des styles y a beaucoup joué).



3e Prix - Karim Gadamy & Liesbeth Kiebooms | Artefact



Liesbeth et Karim se sont rencontrés à un événement organisé par le Crous de Grenoble, La Rencontre de toutes les danses, à la suite de laquelle Karim a proposé à Liesbeth d'intégrer la compagnie Reflexe - qu'il est en train de créer, et qu'il nourrit de son imagination débordante. 

Dès les premiers entraînements, le coup de foudre artistique s'est mutuellement confirmé, témoignant d'une vision commune à propos de la danse, de l'envie partagée de créer collectivement des spectacles à l'écriture contemporaine, qui puiseraient leur inspiration dans le vocabulaire de la gestuelle hip-hop mais pas seulement.

La création Artefact repose sur ce que la danse représente à nos sens : à la fois un prétexte, un outil, un moyen pour parler du rapport que l'humain, tantôt dominé, tantôt soumis, tantôt aliéné, tantôt libéré, entretient avec son propre corps, avec celui de l'autre, avec son espace, avec la technologie qui tend à prolonger ses capacités. 

Mais aussi et surtout, la danse incarne une nécessité absolue, une finalité en soi, la raison d'être et d'unir les humains – certes parfois dépendants les uns des autres, mais souvent apaisés, renforcés, enrichis et sublimés par l'autre et grâce à l'autre.



Mention spéciale - Leïla de Sagazan | Peau d'âme



L'identité ne s'impose en rien comme une évidence. Le « je » est pluriel et en perpétuel devenir. Lieu de conflits intérieurs, conscients et inconscients, l'identité est à conquérir, ce qui suppose de comprendre ce qui nous détermine, ce qui nous contraint et ce qui nous définit : notre passé, notre corps, la société, les rôles qu'on nous assigne...

Issue de la danse hip-hop dont elle se plait à jouer des codes et repousser les limites, Leïla affronte seule la scène avec pour seule protection ses bras repliés. On la pense d'abord vulnérable : petit corps immobile, longue robe couleur pastel, regard baissé. Et puis les yeux se lèvent, quelque chose s'y joue, comme convoquée. Le corps suit alors, entrainé dans une sorte de combat que l'on devine tant à ellemême qu'aux assignations.

Peau d'âme illustre la difficulté d'être soi ; il est question de limites, d'aspirations mais aussi de désarroi.
Peut-être le désarroi d'être au monde et de n'être que soi.