Concours de création étudiante - Lauréats Nouvelle 2018



1er Prix - Nicolas Enguerrand - Le très clair obscur

Il y a quelques années, une importante exposition sur le ténébrisme avait rassemblé dans le même musée tous les tableaux des maîtres les plus réputés. Pour le vernissage, chaque toile avait été patiemment mise en valeur par un jeu d’éclairage et disposée de manière à s’offrir agréablement à la vue des visiteurs. Si nombre d’amateurs et d’intrigants s’étaient pressés pour cet événement, l’assistance comptait plusieurs sommités.

Etudiant en lettres passionné de littérature et de cinéma.

nicolas

Quelles ont été vos motivations pour participer au concours ? 

Je n'ai cherché que le plaisir d'écrire une fiction, d'être confronté à un thème qui est à la fois obstacle et moteur de création. La perspective d'être lu par un jury de professionnels a participé à ma motivation.

D'où vous est venue votre inspiration ? Quel est le message que vous avez souhaité faire passer ?

La fascination qu'exerce le monde de l'art et paradoxalement, son aspect vite caricatural. Je voulais jouer avec les codes du monde de l'art, tout en créant un personnage dont la vanité finirait par le faire tomber de son piédestal. La chute du personnage et celle qui vient ponctuer la fin du récit, devaient, du moins je l'espérais, provoquer l'amusement du lecteur.

Pourriez-vous nous faire part de votre ressenti lorsque vous avez appris que vous étiez lauréate ?

J'étais bien évidemment heureux et surpris mais surtout ému d'apprendre que d'autres avaient aimé suivre les aventures de mon personnage. J'envisage ce prix comme un encouragement à renouveler l'expérience, à travailler sur d'autres idées, pour que de futures nouvelles puissent aussi trouver un écho favorable et trouver leurs lecteurs.



2e Prix -Marine Loiacon - Noces

Enfin! Seul! on n'entend plus que le roulement de quelques fiacres attardés et éreintés. Pendant quelques heures, nous posséderons le silence, sinon le repas. Enfin! la tyrannie de la face humaine a disparu, et je ne souffrirai plus que par moi-même.

Je m'appelle Marine, j'ai 20 ans. Voilà qui ne dit pas grand-chose. Je suis étudiante en informatique et j'ai toujours aimé lire.
L'écriture me permet de mettre sur papier mes interrogations, mes doutes, et de partager ce que je pense, ce qui me touche. J'accorde une grande importance à mes personnages et aux liens qu'ils tissent entre eux, en espérant que leur parcours saura quelques fois émouvoir les lecteurs.

Léa vit à Rennes, où elle exerce en tant que professeur de lettres depuis un an. De son bureau, on voit la cime de marronniers et un bout de canal. Elle écrit devant cette vue mais lit partout. Partout où l'on peut relever la tête pour regarder à la fois l'extérieur du monde et l'intérieur de « chez son livre ».

marine

Quelles ont été vos motivations pour participer au concours ?

Le plaisir de savoir qu'on sera lu, et le challenge d'écrire avec des contraintes. C'est un ami qui m'a parlé du concours de nouvelles et y participer avec lui était aussi une belle expérience, d'autant que nous avons été tous les deux lauréats ! Et puis tout simplement l'envie d'écrire, puisque le thème m'inspirait.

D'où vous est venue votre inspiration ? Quel est le message que vous avez souhaité faire passer ?

Nuit blanche m'a immédiatement fait penser au poème en prose de Baudelaire. Le thème de la nouvelle m'est venu d'une conversation entendue par hasard. J'avais aussi très envie d'écrire un texte à la deuxième personne depuis longtemps, et cette idée se prêtait bien à l'exercice. Enfin, j'ai écrit cette nouvelle presque d'un trait, avec l'impression d'être en apnée, en laissant les idées venir sur le papier : les rimes, les couleurs, rien n'était prémédité.
En fiction, j'essaie d'interroger, sans aucune visée didactique ou dogmatique. Je pose des questions - si j'avais les réponses, j'écrirais des essais ou des articles. Ici, je voulais que le lecteur réfléchisse à l'idée de la violence, des violences, notamment à celle qui peut émaner des victimes-mêmes. Et puis, bien sûr, informer, dénoncer, sur un sujet dont je trouve qu'on parle peu en regard de son extrême gravité.

Pourriez-vous nous faire part de votre ressenti lorsque vous avez appris que vous étiez lauréate ?

J'étais très heureuse ! C'est un immense plaisir de savoir que son texte a été lu et apprécié. Je me suis aussi sentie encouragée, car c'est un des premiers concours d'écriture auquel j'ose participer.



3ème prix -Jean-Paul Martischang - Le Ministère des Nuits

A travers la brume matinale qui enveloppe les cerveaux des lève-tôt, la voix familière de la radio égrainait dans tout le pays les dernières nouvells. M. Rivières aimait l'écouter en dînant, avant d'aller se coucher, et lui prêtait ce matin-là une oreille attentive, impatient d'entendre la présentation de son propre ministrère, fraîchement crée.

JPM

Quelles ont été vos motivations pour participer au concours ? 

Je n'imaginais pas vraiment gagner l'un des prix nationaux ; j'étais surtout motivé à l'idée de voir ce que je pourrais faire dans un tel concours, d'autant plus que le thème m'intéressait. C'était aussi un bon moyen de me motiver à écrire et à continuer la littérature.

D'où vous est venue votre inspiration ? Quel est le message que vous avez souhaité faire passer ?

J'ai rapidement eu plusieurs idées, mais celle-ci s'est assez vite imposée par sa simplicité et son histoire même. La fantastique idée de M Rivières, simple solution à des problèmes de gouvernement, en échappant à son seul contrôle, devient une tendance qui croît, s'épand et se transforme, jusqu'à faire de son créateur sa victime favorite.
L'uniformisation, à travers les nations qui prennent pour eux la réforme, était aussi visée : le ministre n'a plus qu'une destination possible, les territoires internationaux. Sa communauté se fait d'ailleurs rapidement rattraper par les évènements : là où le nombre et le profit se prononcent, les raisons de l'existence de la société noctambule n'ont qu'une faible voix.

Pourriez-vous nous faire part de votre ressenti lorsque vous avez appris que vous étiez lauréate ?

Je l'ai appris entre deux cours ; je sortais du premier avec pour seule idée de prendre un café. Je n'en ai pas eu besoin tant l'excitation m'a gagné, c'était à la fois une immense surprise et un grand bonheur. La nouvelle selon laquelle mon amie avait également été reçue m'a encore conforté dans cet état.



Mention spéciale - Damien de la Rocque - Les petites choses

Bien, se dit-il, cela ne fait rien, je vais me coucher. Il faisait très sombre dans tout l'appartement. Et un peu froid aussi. Il y avait comme un souffle gelé qui rentrait par la fenêtre fermée.

Je suis étudiant en première année de master à HEC. Bien que poursuivant une formation commerciale, j'ai toujours été passionné par le monde des lettres, et j'ai toujours un grand plaisir à m'y plonger.

damien

Quelles ont été vos motivations pour participer au concours ? 

Je suis étudiant en première année de master à HEC. Bien que poursuivant une formation commerciale, j'ai toujours été passionné par le monde des lettres, et j'ai toujours un grand plaisir à m'y plonger.

D'où vous est venue votre inspiration ? Quel est le message que vous avez souhaité faire passer ?

Pour être extrêmement franc je n'ai pas beaucoup réfléchi. J'aime écrire des nouvelles parce qu'on y ménage tout le long l'effet de surprise final, et qu'on ne cesse ainsi de jouer avec le lecteur.

Pourriez-vous nous faire part de votre ressenti lorsque vous avez appris que vous étiez lauréat ?

Je ne sais pas du tout d'où me viennent les premiers mots, mais c'est à partir d'eux que j'ai construit toute l'histoire. L'inspiration est donc venue au fur et à mesure de l'écriture, alors que je commençais moi-même à cerner mon personnage, à plonger dans l'ambiance que je créais.
Je voulais raconter l'histoire d'une insomnie, et recréer cet état que nous connaissons tous où le sommeil ne vient pas et où on est assailli d'une multitude de pensées et de sensations. Or rien ne nous laisse moins en repos que la souffrance amoureuse, et l'idée de l'adultère est donc venue naturellement.



Mention spéciale - Guillaume Simon - Permafrost

Une goutte d'eau se décroche d'un nuage. Sa traversée du ciel la métamorphose. Elle s'étire,
dévoile des branches infinies, elle grandit. Soudain, légère, elle se laisse tomber à travers les feuillages
pour rejoindre une multitude d'autres gouttes au bout de leur voyage.
Un flocon se dépose, unique, sur le sol immaculé.

Je suis actuellement étudiant en dernière année d'école d'ingénieur et je me spécialise dans la chimie verte et la valorisation des ressources.

gui_simon

Quelles ont été vos motivations pour participer au concours ?

Je voulais d'abord participer avec une amie en écrivant une nouvelle en commun, mais ça n'a pas fonctionné alors on a abandonné l'idée et elle a écrit un très joli texte de son côté. J'étais plutôt intéressé par la catégorie Film Court, mais par manque de temps et de moyens, je n'ai pas pu participer. Après une inspiration, je me suis finalement décidé à participer seul dans la catégorie Nouvelle, quelques jours avant la date limite.

D'où vous est venue votre inspiration ? Quel est le message que vous avez souhaité faire passer ?

Quand il a neigé à Montpellier, j'ai écrit le premier paragraphe sous une impulsion, puis plus rien pendant des mois. Mais je voyais mon personnage évoluer dans le cadre naturel d'une forêt et je trouvais original de prendre le thème Nuit blanche au sens "nuit polaire". Quand j'ai vraiment décidé de participer, j'ai repris cette idée et pour le cadre général j'ai sûrement été influencé par une série de livres fantastiques que j'ai lue au collège, parlant d'une tribu amérindienne vivant il y a 10.000 ans et liée au monde des esprits. Mais j'ai voulu attacher mon histoire au monde réel, j'ai fait des recherches sur les peuples, la faune et la flore polaires et leurs difficultés face aux changements sociaux et environnementaux, en mettant donc la nature au centre du texte car c'est la question actuelle la plus importante à mes yeux. Mais sans forcément vouloir faire passer un message, j'ai surtout suivi mon inspiration première.

Pourriez-vous nous faire part de votre ressenti lorsque vous avez appris que vous étiez lauréat ?

J'ai été très surpris en apprenant que ma nouvelle était qualifiée au niveau national car je l'ai reprise sur un coup de tête et je ne me considère pas écrivain, puisque je préfère le cinéma. Après je me suis pris au jeu en me disant que j'avais mes chances, donc ça reste une satisfaction.



Mention spéciale - Héloïse Kornprobst : « NUIT BLANCHE, CAFÉ FROID »

Je ne dors pas.>Non pas que je n'ai pas sommeil, je n'ai simplement pas envie de dormir. Pourtant le calme ronflement de Val s'applique à emplir la chambre d'une sérénité qui alourdit mes paupières...

cafe_froid

Après cinq ans d'arrêt pour raisons financières, j'ai repris mes études en 2017 à l'Université Clermont Auvergne dans l'idée de terminer ma Licence de Lettres Modernes. Encouragée par mon fiancé et nos deux familles, j'ai pris la décision de continuer dans ma lancée et de m'engager dans un Master Littérature, Poétique et Création. J'ai pour projet de devenir un jour professeur documentaliste pour transmettre mon amour des lettres et de la création sous toutes ses formes. Je n'abandonnerai toutefois pas l'écriture et, qui sait, peut-être que j'entrerai un jour dans la cour des grands en poussant les portes d'une maison d'édition.

Quelles ont été vos motivations pour participer au concours ?

J'ai toujours aimé écrire et j'avais déjà participé à un concours similaire, "Beau à Savoir", en 2011 où j'avais reçu un prix du jury pour mon texte "B.U. : Bonheur Ultime". Je n'avais pas été satisfaite de mon travail parce que ma participation s'était faite dans la précipitation et que j'aurais pu plus travailler sur ce texte. J'ai alors pensé que retenter l'expérience serait enrichissant et que, puisque j'avais déjà une idée précise de ce que je voulais écrire, je n'avais aucune bonne raison de ne pas me jeter à l'eau.

D'où vous est venue votre inspiration ? Quel est le message que vous avez souhaité faire passer ?

L'inspiration m'est venue d'un appel de ma petite sœur m'annonçant qu'elle était enceinte. J'ai passé des jours à repenser à notre enfance, à notre éducation et au temps qui s'était comme évaporé depuis... J'ai surtout voulu transmettre l'émotion intense que j'ai ressenti face à cette naissance future et rendre hommage à mes parents et mes sœurs. Alors si ceux qui ont lu mon texte ont ensuite voulu se retrouver en famille, je considère que le message est passé.

Pourriez-vous nous faire part de votre ressenti lorsque vous avez appris que vous étiez lauréat ?

J'ai été extrêmement heureuse d'apprendre que j'avais remporté le premier prix régional. Etant tombée enceinte en mars 2018, ce texte a à mes yeux encore plus de valeur, j'ai donc tiré une grande joie et une grande fierté de cette victoire. Je suis également très honorée d'avoir obtenu une mention spéciale nationale même si le podium me faisait très envie... Mais ce sera pour une prochaine fois !

Que diriez vous à quelqu'un qui hésite à participer ?

Même s'il ne gagne rien, il repart avec une nouvelle de son cru, travaillée, et de laquelle il peut être fier. Et s'il gagne... eh bien le sentiment est juste fantastique.