Sport dans l'enseignement supérieur

Sport universitaire : les femmes gagnent du terrain

Mettre au tapis les préjugés

De nombreuses mesures ont été prises pour que les femmes ne soient plus laissées sur le banc de touche, dans l'enseignement supérieur comme ailleurs. 

Mise à jour (août 2018) | Depuis la première publication de cet article, en février 2018, les femmes ont une nouvelle fois largement brillé dans les compétitions internationales. L'équipe féminine de handball de l'Université Aix-Marseille est championne d'Europe universitaire, l'équipe de France universitaire féminine est championne du monde de karaté, l'équipe mixte de badminton de l'Université de Strasbourg est championne d'Europe, sans oublier l'équipe de France universitaire féminine de rugby à 7 qui est CHAMPIONNE DU MONDE elle aussi. (Bravo à tous les garçons aussi, évidemment !).



En 2014, le CSA créait la Journée internationale du sport féminin, fixée au 24 janvier chaque année.

Objectif : lutter contre le manque de médiatisation des femmes dans le sport, et des compétitions sportives féminines. C'est d'ailleurs aussi le sens de l'initiative #SportFemininToujours, lancée le 5 février 2018. L'occasion de compter les (bons) points dans le sport universitaire, et de revenir sur l'histoire de la pratique sportive des filles et des jeunes femmes.



La Fédération Française de Sport Universitaire (FFSU) drible les préjugés, hop, petit pont sur les discriminations, passe le ballon aux filles, et c'eeeest le buuuuut !!

En décembre 2017, la FFSU rappelait dans un colloque son engagement pour l'égalité.

Historiquement, nous envoyons des signaux forts afin de valoriser l'égalité des genres. Parmi les leviers forts, au niveau sportif, il y a le fait de rendre mixtes les pratiques.


Quelques exemples concrets...

 

Les phases finales de Championnats de France Universitaires sont organisées depuis toujours de manière mixte en réunissant les compétitions filles et garçons au même moment et dans un même lieu.

La FFSU a également créé de nombreuses formules de compétitions mixtes propres au sport universitaire (relais 5x200 mixte en athlétisme, relais 10x50m mixte en natation, compétitions par équipes mixtes en sports de raquettes et en sports de combat...)

Autre exemple : le rugby féminin.

Nous avons été les premiers, très tôt, à le valoriser en créant et en développant des compétitions en milieu universitaire, avec des joueuses venues le plus souvent du hand, du basket, de l'athlétisme ou des sports de combat, qui étaient demandeuses de cela. Au sein de la FFSU, nous avons créé les conditions de leur pratique en milieu universitaire et cela a permis petit à petit au rugby féminin de prendre son envol en milieu fédéral.

Pas de carton rouge pour la FFSU, qui s'est fixé un objectif clair : se rapprocher de la parité, année après année. Actuellement, 32% des licenciés à la FFSU sont des licenciées. Entre 2012 et 2017, le nombre d'étudiantes inscrites a augmenté de 31%.



La reconnaissance du sport féminin, une histoire d'endurance...

Il est toujours intéressant de se replonger dans le passé pour mesurer les progrès effectués. Pour le sport féminin, l'histoire avait plutôt bien commencé puisque dès 1882, les petites filles sont « invitées » à exercer une activité physique, comme les garçons... ou presque.

L'Éducation Physique est inscrite dans la loi en 1882 donc, avec la formule suivante...

L'école primaire peut et doit faire aux exercices du corps une part suffisante pour préparer et prédisposer (...) les garçons aux futurs travaux de l'ouvrier et du soldat, les jeunes filles aux soins du ménage et aux ouvrages des femmes.



L’exercice physique entre à l’école pour aider les femmes... à faire le ménage. C’est en 1970 qu’est décrétée la mixité dans les cours d’EPS, même si, au cours des précédentes décennies, la pratique sportive des femmes a gagné peu à peu la reconnaissance des fédérations et de la société de manière générale, parfois de façon... maladroite.





Pour les jeunes femmes, le « coach » n'est guère plus encourageant

Une Olympiade femelle serait impratique, inintéressante, inesthétique et incorrecte.

Si Pierre de Coubertin, initiateur des Jeux Olympiques modernes, n'a jamais prononcé la pourtant célèbre expression « L'important, c'est de participer », il est en revanche bel et bien l'auteur de la moins célèbre phrase citée ci-dessus.

Les premiers JO, en 1896, se déroulent sans les femmes, qui en sont exclues.

L'important, c'est de participer - un peu, et surtout, plus tard - puisqu'en 1900, 22 femmes sont admises aux JO de Paris, pour un total de 997 sportifs. Aux JO de 1928, elles sont 277 à participer aux côtés de 2 606 hommes. Ces femmes ne sont pour autant pas acceptées dans de nombreuses disciplines, comme l'athlétisme. 



Raviver la femme olympique

Grâce à la détermination de la sportive française Alice Milliat, des Olympiades féminines sont organisées de 1922 à 1934 afin d'exercer une pression plus forte sur le Comité International Olympique (CIO), qui freine autant que possible la participation des femmes aux JO. 1 partout, balle au centre, donc.

Les JO se féminisent peu à peu au fil du temps mais un déséquilibre sexué persiste tout au long du 20e siècle. Depuis 2007, la charte olympique rend obligatoire la présence des femmes dans tous les sports, et le CIO prévoit une parité totale d'ici 2020.

Les compétitions internationales du sport universitaire ont également naturellement renforcé la parité des pratiques sportives.



Pierre de Coubertin est K.O.


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1ère publication : 24.01.2018 - Mise à jour : 20.09.2018

Universiades : quelques championnes françaises

Gévrise EMANE

Médaillée d'or aux Universiades de Daegu 2003, Championne du Monde 2007 et médaillée de bronze aux JO de Londres 2012.

Gwladys EPANGUE 

Médaillée d'or aux Universiades de Belgrade 2009 et de bronze aux Universiades de Daegu 2003. Championne du Monde 2010 et 2011. Médaillée de bronze aux JO de Pékin 2008.

Frédérique JOSSINET

Médaillée d'or aux Universiades de Palma 1999. Médaillée de bronze aux Universiades de Pékin 2001. Médaillée d'argent aux JO d'Athènes 2004. Triple championne d'Europe 2011, 2002 et 2009

Perrine PELEN

Médaillée d'or en slalom aux Universiades de Jaca 1981. Championne olympique de slalom aux JO de Sarajevo 1984

Maryse EWANJE-EPEE 

Médaillée de bronze aux Universiades d'Edmonton 1983. 4ème aux JO de Los Angeles 1984

Roxana MARACINEANU

Championne du Monde 1999 sur 200m dos. Vice-championne olympique aux JO de Sydney 2000. Porte-drapeau tricolore et médaillée de bronze aux Universiades de Pékin 2001


Crédits photos : FSSU

Les Universiades