13e édition

Séphora Pondi, lauréate du Prix Roman des étudiants 2025 pour Avale

Le jury composé de 3 000 étudiants de toute la France a élu le roman de Séphora Pondi, Avale (Grasset).

Séphora Pondi pour Avale, lauréate Prix Roman des étudiants 2025

Prix Roman des étudiants France Culture

Le 13e Prix Roman des étudiants France Culture est décerné à Séphora Pondi pour son premier roman, Avale (Grasset).

Ce Prix récompense une œuvre écrite en langue française issue de la rentrée littéraire. Soutenu par le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Espace ainsi que par le Centre national du livre, le prix entend faire découvrir la littérature contemporaine à tous les étudiants, quelle que soit leur filière, et ce, en collaboration avec des universités françaises et les librairies indépendantes.

C'est un jury XXL composé de 3000 étudiants, qui après avoir découvert, lu et rencontré les 5 auteurs de cette sélection, a débattu 9 semaines durant pour choisir la lauréate.

Le Prix en chiffres

5 romans sélectionnés parmi la rentrée littéraire
26 rencontres avec les auteurs dans des universités de toute la France
3000 étudiants-jurés pour cette édition 2025

La sélection

Face à Avale de Séphora Pondi (Grasset), quatre autres romans étaient en lice pour le prix :

  1. Au grand jamais de Jakuta Alikavazovic (Éditions Gallimard),
  2. L’Entroubli de Thibault Daelman (Éditions Le Tripode),
  3. Peau d’ourse de Grégory Le Floch (Éditions du Seuil),
  4. Les Forces de Laura Vazquez (Éditions du Sous-sol).

Séphora Pondi, lauréate de cette édition 2025

Actrice pensionnaire de la Comédie-Française, Séphora Pondi est également metteuse en scène et scénariste. À travers ce premier roman, elle raconte les trajectoires d’un étudiant aux prises avec d’étranges désirs de dévoration et d’une actrice en devenir qui réalise que son corps lui échappe. 

Ça a été un grand plaisir d’arpenter quelques facs et échanger avec une jeunesse curieuse, engagée, et pertinente. Je suis ravie qu’Avale en ait fait frissonner quelques-uns ; et quel soulagement de savoir que mon premier roman a atterri entre de bonnes mains. Merci de tout cœur !

Séphora Pondi

Interview

Vous venez de recevoir le Prix Roman des étudiants 2025, et vous avez également reçu le Prix Les Inrockuptibles du premier roman 2025, pour Avale, que ressentez-vous ? 

Séphora Pondi : Je suis hyper honorée ! D'autant plus que c'est mon premier roman. Dans une rentrée littéraire, les premiers romans peuvent être, j'allais dire « avalés », un peu éclipsés, par des romancières ou des romanciers qui ont déjà fait leurs preuves, qui ont déjà une audience. 

Que vous apporte cette reconnaissance ?

S. P. : Ce que cela m'apporte évidemment c'est la possibilité de continuer, de commencer à inscrire mon nom dans le monde littéraire, d'aspirer à une forme de longévité.

Que retenez-vous des différents échanges avec les étudiants rencontrés à travers la France ?

S. P. : C'était hyper intéressant de parler avec les étudiants parce qu'ils se sont montrés très aigus, très pertinents. Ils avaient vraiment bien lu le livre et en avaient compris des choses plus souterraines. Ce qui a été riche a posteriori, même si sur le moment c'était un peu tendu, c'est quand il y a eu du challenge. Je pense notamment à des personnes qui m'ont dit : « Mais est-ce que vous aviez pensé à mettre des trigger warnings [avertissements], en regard des sujets que vous abordez ? Est-ce que vous n'avez pas le sentiment de « romantiser » la violence d'un des personnages ? ». Je ne m'attendais pas du tout à ça. Il se trouve que j'ai 33 ans et que j'appartiens à un héritage qui accorde beaucoup d'importance à la licence politique, à la distance. Cela m'a interpellée de découvrir une jeunesse critique, qui questionne davantage la place de la violence dans l'art en général.

Selon vous, en quoi votre langue et votre univers parlent-ils à la jeunesse ?

S. P. : Mon écriture est assez brute, sans détour, même s'il y a du style bien sûr. Je n’ai pas peur d'être crue. C'est peut-être quelque chose d’attirant. Je raconte des personnages qui ont à peu près leur âge, en tout cas pour l'une d'entre elles, Lame, donc je pense qu'il y a un processus d'identification. Le fait d'écrire à partir d'un personnage racisé, peut-être que c'est rafraîchissant, que ça ouvre une perspective, ou que c'est plus proche et de leurs préoccupations et de leur quotidien. C’est un livre, dont les thématiques sont assez contemporaines, aux prises avec le réel, pour de jeunes étudiants. Je pense que c'est ce qui a dû plaire.

Vous êtes également comédienne (pensionnaire de la Comédie-Française) et scénariste, pouvez-vous nous parler de vos projets ?

S. P. : Oui bien sûr. En ce moment, je suis en train de mettre en scène un spectacle pour le Studio théâtre de la Comédie-Française qui s'appelle Bestioles qui va se jouer du 22 janvier au 1er mars 2026. C’est une pièce autour de l'adolescence féminine, un sujet qui me travaille beaucoup. A côté de ça, je suis en train d'écrire le scénario de mon premier long métrage, co-écrit avec Tara Lindstrom, scénariste, réalisatrice et qui est également ma meilleure amie. Et en parallèle, je réfléchis bien sûr au deuxième livre.

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