VIH / SIDA : des pistes pour le dépistage

Il existe une solution adaptée pour chacune et chacun d'entre vous.

C'est quoi, le VIH ?

Malgré les progrès de la recherche, on ne guérit pas du SIDA. On peut en revanche limiter les effets du VIH. Pour cela, il faut bien sûr vous protéger lors des rapports sexuels et vous faire dépister.

Sida Info Service répond à vos questions

Engagée dans le domaine de la lutte contre le VIH/SIDA depuis plus de 30 ans, l'association est un partenaire majeur des politiques de santé publique, notamment aux côtés de Santé publique France.

Quelle est la différence entre VIH et SIDA ? Que faire si l'on a pris un risque ? Quand appeler Sida Info Service ? Les réponses à ces questions avec le Dr Arame Mbodje, directrice de Sida Info Service, et Christophe, écoutant au sein de l'association, qui propose 7 jours sur 7 ses lignes d'écoute et son tchat pour répondre à vos questions.

Dans l'imaginaire, notamment des jeunes, ça devient une maladie chronique. Donc c'est comme l'hypertension, le diabète ou autre. Et comme on n’en meurt plus, c'est pas grave. Alors que c'est grave.

VIH : le point avec Sida Info Service

Le SIDA c'est la maladie. Le VIH, c’est le virus. Donc on peut être porteur du virus mais ne pas avoir le SIDA parce que quand on a le SIDA, ça veut dire qu'on est malade, on a ce qu'on appelle des maladies opportunistes. On peut être séropositif au VIH et vivre très vieux, 90 ans, mourir d'autre chose que de son VIH.

Mais quand on a le SIDA, qui est la maladie, malheureusement, ça veut dire que on est séropositif, on ne prend pas son traitement et effectivement, on peut avoir des maladies opportunistes qui peuvent raccourcir la vie. Il faut pouvoir s'en protéger et pouvoir éviter d'être contaminé parce que ça reste quand même une maladie, même si aujourd'hui on n’en meurt pas, ça reste quand même une maladie qui est problématique, qui oblige à prendre des traitements à vie et qui n'est pas facile à gérer quand même.

Que faire si je pense avoir pris un risque ?

Si le risque est pris depuis peu de temps, depuis moins de 48h, ça peut valoir la peine d'avoir une estimation du niveau de risque parce qu'il y a cette possibilité en cas de risque majeur de ce qu'on appelle le traitement post-exposition qui est disponible dans les services d'urgences, pour l'essentiel.

Et si ce risque a été pris il y a plus de deux jours ?

Si c'est des risques de plus de 48h, il y a évidemment le dépistage.

J’insiste toujours sur le fait qu'on peut aussi contacter son ou sa partenaire pour essayer d’en rediscuter parce que sur le moment, parfois, l'inquiétude n'est pas présente. Mais a posteriori, quand il y a des inquiétudes, peut être que le moyen le plus rapide d'avoir une réponse, c'est de recontacter son ou sa partenaire pour essayer de clarifier la situation dans la mesure du possible, quitte à négocier un test réciproque de part et d'autre, soit un test avec une prise de sang, soit même un autotest en pharmacie.

VIH et piqûre malveillante : info ou intox ?

Au début, il y avait cette rumeur comme quoi ça pouvait transmettre le VIH. Alors, non, là on rassure les gens, il y a zéro risque de transmission du VIH par ce type de piqûre. Les seuls risques, ce sont les hépatites. Si on est vacciné contre l'hépatite B, on risque rien et éventuellement l'hépatite C.

Mais le risque est quand même minime. Il n’y a aucun risque de VIH parce que le VIH ne vit pas à l'air libre. Donc une fois qu'il est sorti du corps humain entre guillemets, il n'est plus contaminant. Donc il y a zéro risque.

Quand est-ce que je dois appeler Sida Info Service ?

Ce qu'on préfère évidemment, c'est que les personnes nous appellent avant d'avoir un contact sexuel, pour vérifier les différents modes de transmission. Mais ça peut évidemment être après et c'est souvent après le contact sexuel, dans la mesure ou parfois il y a des choses qui surprennent. C’est pas ce qui était prévu, donc il y a un écart par rapport à ce qu’ils imaginaient.

Donc on peut vérifier avec les personnes quelles sont les risques qui ont pu être pris ? Bien sûr, on peut aussi nous contacter après des risques pris, par rapport au dépistage, à la découverte d'une IST. Qu’est-ce que je fais, ou est-ce que je vais ? Est-ce qu'il y a des traitements ? Etc.

Pour quelle autre raison doit-on se faire dépister ?

Il y a une recrudescence des IST. Celles qu'on voit le plus fréquemment aujourd'hui, c'est les chlamydia. Il n'y a pas de signes cliniques, ça passe totalement inaperçu et c'est dévastateur pour les femmes. Donc, il faut pouvoir se dépister, avoir une sexualité protégée pour éviter de se contaminer donc pour se protéger soi-même, mais également protéger son ou ses partenaires.

Un dernier mot ?

Se faire tester au moins une fois dans sa vie, au moins une fois. Et lorsqu'on a des rapports sexuels, ou qu’en tout cas on prend des risques, on doit utiliser le préservatif, qui reste le moyen de prévention le plus sûr.

Comment se faire dépister ?

Les modes de dépistage du VIH sont aujourd'hui nombreux et, surtout, accessibles à toutes et tous, quelle que soit votre situation géographique, financière ou psychologique. Sans ordonnance et sans avance de frais, le test de dépistage du VIH est gratuit depuis le 1er janvier 2022 dans tous les laboratoires d'analyse médicale.

Si vous estimez avoir été exposé à un risque d'infection, si vous avez le moindre doute sur une relation sexuelle, ou si vous n'avez simplement jamais été dépisté, plusieurs méthodes s'offrent à vous.

Quatre modes de dépistage possibles

En fonction de votre situation ou de votre préférence

Le « TROD » : Test Rapide d'Orientation Diagnostique

Le test sera réalisé par un professionnel de santé. Vous pouvez l'effectuer gratuitement dans un Centre gratuit d’information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD), voire dans certains cas sur votre campus. Renseignez-vous auprès du service de médecine préventive ou du centre de santé universitaire. Si le test rapide est positif, il devra cependant être confirmé par un test de dépistage classique (voir plus bas).

Le « TROD » est totalement fiable trois mois après une prise de risque VIH. Il permet d’avoir un résultat en 20 minutes.

Le test classique : une prise de sang

La différence majeure par rapport au « TROD » se situe dans la méthode de dépistage puisqu'il s'agit d'une prise de sang classique, que vous pouvez effectuer une fois encore dans un CeGIDD, gratuitement. Les délais d'attente de vos résultats peuvent être plus longs mais sont également plus fiables en cas de test positif au VIH. Le test du dépistage par prise de sang peut être réalisé à partir du 15e jour suivant la situation à risque. Le TROD étant plus rapide, il sera donc plus indiqué pour un premier dépistage.

Le test en laboratoire

Être accompagné par des professionnels, près de chez vous, gratuitement.

L'avantage du laboratoire, c'est qu'il y en a forcément un près de chez vous. Au-delà de la proximité du lieu de dépistage, vous bénéficiez également de l'accompagnement par des professionnels. Le test de dépistage du VIH en laboratoire est gratuit et sans avance de frais.

L'autotest

Vous achetez un test en pharmacie pour le réaliser chez vous, par exemple. 

Ce test est le plus rapide. C'est vous qui le réalisez, en utilisant un auto-piqueur pour prendre une goutte de sang. L'autotest est fiable si vous estimez avoir pris un risque il y a plus de trois mois. Vous le trouverez dans toutes les pharmacies, pour un coût compris entre 25 et 28 euros, et vous obtiendrez le résultat en 15 minutes. 

Attention toutefois, l'autotest n'est pas remboursé par la Sécurité sociale et sa fiabilité n'est pas encore parfaite. Demandez bien conseil en pharmacie ou auprès de Sida Info Service.

 

Le préservatif

C'est toujours la meilleure protection contre le VIH... mais pas que.

Qu'il soit masculin ou féminin, le préservatif est le seul outil complet de santé sexuelle puisqu’il protège à la fois du VIH, des IST, MST, des hépatites, mais aussi des grossesses non prévues. Plutôt que de longs discours, voici le tuto' préservatifs réalisé par des étudiants relais-santé du centre de santé de l’Université de Bordeaux.

On ne le dira jamais assez : protégez-vous, et sortez couverts. Profitez, en sécurité !

 

 

En cas de souci, que ce soit un oubli ou une rupture de préservatif, des professionnels sont à votre écoute sur votre campus. Prenez contact avec le Service de santé universitaire de votre établissement.

Remboursement des préservatifs

Depuis le 10 décembre 2018, vous pouvez vous faire en partie rembourser des préservatifs masculins.

Concrètement, vous allez chez votre médecin, vous demandez des préservatifs, celui-ci vous en prescrit et la Sécurité sociale prendra à sa charge 60% du coût. Votre complémentaire santé / mutuelle pourra choisir ou non de prendre la différence à sa charge, il faudra vous renseigner auprès d'elle.

Notez que ce sont les préservatifs de la marque « Eden » et « Sortez couverts ! » qui sont pris en charge par cette mesure.

Le président de la République a récemment annoncé que les préservatifs seront gratuits en pharmacie pour les 18 - 25 ans à partir du 1er janvier 2023.

En cas d'urgence

Si vous avez été exposé à un risque de transmission d'une IST, n'hésitez pas à chercher un centre de dépistage ou à consulter un médecin.

Sida Info Service est à votre écoute, pour toute question, 7 jours sur 7 au 0 800 840 800 et par tchat.

S'il s'agit d'un risque de transmission du VIH, il existe également un traitement d'urgence, le Traitement post-exposition(TPE), qui doit intervenir dans les 4 heures au mieux après l'exposition, au plus tard dans les 48 heures. Il peut vous être proposé par les soignants lorsque vous vous rendez aux urgences, notamment.

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