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Pensées suicidaires et tentatives de suicide : parler et écouter

Le suicide chez les jeunes : encore un tabou, donc parlons-en

Le suicide est un sujet souvent accompagné d'idées reçues. Rarement imprévisible, ce geste peut souvent être empêché.

Article publié à l'occasion de la Journée mondiale de prévention du suicide, le 10 septembre.




Un sujet tabou



Comme le soulignent les auteurs d'un dossier publié en 2020 par Santé publique France :



Se suicider. Des mots qui font peur, qu'il est difficile de prononcer, d'écrire, d'entendre. Le suicide est un sujet qui nous interpelle jusque dans l'intime et auquel chacun souhaiterait ne jamais être confronté. En conséquence, la thématique du suicide rencontre des difficultés pour trouver sa juste place dans nos sociétés et fonctionne comme un tabou.



Du tabou aux idées reçues

Moins l'on ose parler d'un sujet, et plus celui-ci sera entouré de fausses informations. Le suicide fait l'objet d'une certaine méconnaissance voire de préjugés. Commençons par faire le tour des stéréotypes pour mieux comprendre le sujet et venir ainsi plus efficacement en aide aux personnes en situation de mal-être.




Il / Elle en parle mais ne le fera pas.



Minimiser les intentions d’une personne ne l'aide pas. Certes, parler du suicide ne signifie pas forcément qu'il y aura un passage à l’acte. De même, ce mal-être ne sera pas toujours exprimé par des propos explicites tels que « J’ai envie de mourir, je n'en peux plus... » ou « Je ne suis pas bien, je vais me tuer ».

Mais deux choses sont certaines.

  • Toutes celles et ceux qui se sont suicidés en avaient parlé avant de passer à l'acte.
  • De tels propos sont dans tous les cas une façon de demander de l'aide.



Le suicide est un geste imprévisible



Le suicide est rarement imprévisible.

Sans forcément en parler explicitement, les gens donnent souvent des indices de leurs intentions. Les repérer est une question d'attention que l'on porte à ses proches mais aussi parfois de prise de conscience : il peut arriver d'être dans le déni face à la détresse ou le changement de comportement d'un·e ami·e, d'un frère, d'une sœur... Accepter la souffrance de l'autre est un premier pas vers l'aide que vous pourrez lui apporter !



Le suicide, c'est un choix perso', ça ne sert à rien d’essayer d'intervenir.



C'est en fait tout le contraire.

Celui ou celle qui pense au suicide se sent au contraire dans une impasse et considère qu’il ou elle n’a pas le choix. La personne pense qu'elle n'a pas d’autres options à sa disposition pour cesser de souffrir. Il est donc important de montrer à vos proches que « vous êtes là ».



Les suicidaires souffrent de troubles mentaux.



Non. Ce sont des gens comme tout le monde et le suicide n'est pas une maladie.

Simplement, le suicide est la résultante d'un profond mal-être, qui n'apparaît pas du jour au lendemain mais s'installe dans la durée. Les raisons peuvent être multiples : difficultés amoureuses, familiales, professionnelles, scolaires, estime de soi...

C'est aussi parce qu'il ne s'agit pas d'une maladie qu'il n'y a pas de fatalité.
On peut toujours s'en sortir, à condition d'être écouté·e et accompagné·e pour remonter la pente.



Quelques données...



En France, le suicide est la 2e cause de mortalité chez les 15-24 ans

Comme le précise l'Observatoire national du suicide :



Le suicide est la deuxième cause de mortalité des jeunes, après les accidents de la route. Les jeunes filles présentent le taux de tentative de suicide le plus élevé par rapport à toutes les autres classes d'âge. (...) Les travaux futurs devront s'intéresser au harcèlement, en particulier sur le web et les réseaux sociaux.

Les femmes et les personnes LGBT+ sont particulièrement exposées au harcèlement, et les suicides ou tentatives de suicide sont plus fréquentes.


> Voir les ressources « Lutter contre les LGBTphobies »
> Voir les ressources « Lutter contre les violences sexistes et sexuelles »

Le suicide chez les étudiants : ce que nous apprend une enquête de l'OVE

Sur les 18 875 étudiants ayant participé à l'enquête de l'Observatoire national de la vie étudiante (OVE), en 2018 :

  • 8% d'entre eux a pensé à se suicider
  • 4% d'entre eux a parlé à quelqu'un de ses idées suicidaires
  • 4% d'entre eux a fait une tentative de suicide

> Pour d'autres références et statistiques, consultez les travaux de l'Observatoire national du suicide (ONS) et l'enquête de l'OVE



Où trouver de l'aide ?



Votre service de santé universitaire

De nombreux services de santé universitaire proposent, en plus des bilans de santé, des consultations de premier niveau - gratuites - de psychologie.

Par ailleurs, les services de santé universitaire ont ou sont souvent en lien avec un Bureau d'Aide Psychologique Universitaire qui permet d'accéder gratuitement à des consultations de psychothérapie et de psychiatrie.

ll est parfois plus facile de s'adresser à d'autres étudiants. Sur certains campus, vous pouvez échanger avec des étudiants relais-santé.



Votre Crous

Dans chaque Crous, un service social est à votre écoute et vous reçoit sur demande, notamment en cas de difficultés financières et/ou familiales. Cet accompagnement peut être complété par des actions ciblées de soutien psychologique. De très nombreux Crous proposent ainsi des consultations individuelles avec un·e psychologue proposant un accompagnement ponctuel ou régulier, non limité dans le temps - notamment via les Happsy Hours en partenariat avec Apsytude. Les consultations peuvent également être réalisées par webcam.



Annuaire des dispositifs de soutien psychologique aux étudiants

Mis en place durant l'épidémie de Covid-19, le site soutien-etudiant.info référence tous les contacts, dans chaque académie.



Centres d'appel et autres dispositifs d'écoute

> Consulter ces ressources



Le Fil Santé Jeunes

Des dossiers, des enquêtes, des quiz, des forums, un chat, et un numéro de téléphone.

> www.filsantejeunes.com
> 0 800 235 236



Nightline

Fait par les étudiants, pour les étudiants et en partenariat entre autres avec le Crous de Paris et Sorbonne Université, le service Nightline propose un service d'écoute, de soutien et d'informations pour les étudiants. Les étudiants bénévoles de Nightline vous accueillent, tous les soirs au bout du fil (de 21h à 02h30), avec bienveillance, et en toute confidentialité pour vous accompagner et vous soutenir dans les moments difficiles.



Apsytude

Une association créée par deux anciennes étudiantes, gérée par une organisation de psychologues et spécialisée dans le bien-être étudiant.
Parmi les sujets traités sur le site, la question du suicide des étudiants sur laquelle l'association est particulièrement engagée.

> http://www.apsytude.com/fr/



Des ressources intéressantes sur YouTube

Pour aborder ce sujet délicat, la chaîne Le PsyLab

Les auteurs de la chaîne ont trouvé les mots et le style adéquats pour sensibiliser à travers la vidéo ci-dessous. De quoi vous permettre d'en apprendre davantage sur le suicide et sa prévention, sans être rébarbatifs ni pour autant survoler leur sujet. Jetez-y un œil !



Pour vous impliquer, la mini-série « Qu'aurais-tu fait à ma place ? »

Interactive, la série proposée par i-Share vous met dans la peau d'un étudiant et d'une étudiante, en immersion dans leur quotidien. Le concept est simple : leur histoire, vos choix. À découvrir d'urgence ci-dessous ou sur la chaîne dédiée.



Pour prendre du recul, les courts documentaires de l'OMS

« Le mal de vivre, parlons-en ». C'est le message que l'Organisation Mondiale de la Santé s'attache à transmettre à l'occasion de la Journée mondiale pour la prévention du suicide (10 septembre). Cette campagne se traduit entre autres par une série de vidéos documentaires. Certaines se placent du point de vue des personnes ayant eu des pensées suicidaires, d'autres ont été tournées aux côtés de personnes accompagnantes (famille, centres d'écoute, psychologues...).

Publication : 10.09.2020