Camille Lutz, le rebond du tennis de table français ?

Camille Lutz, pongiste et triple championne de France, est également étudiante. Découvrez son quotidien !

Je m'appelle Camille, j'ai 21 ans. Je suis étudiante à Sorbonne Université en deuxième année de licence d'informatique. Je prépare les Jeux olympiques et je suis très travailleuse. J'ai commencé le tennis de table à six ans par le biais de ma maman qui a joué au tennis de table avant d'être maman. Après qu'elle ait eu ses enfants, on est retournées à la salle.

A partir du CM1, j'avais un aménagement au Pôle régional Alsace. Après, au collège, c'était pareil. Je suis partie au Pôle France Jeunes en quatrième. Maintenant, je suis à l'INSEP depuis trois, quatre ans. J'ai étalé ma première année en deux ans parce que le tennis, c'est un sport qui demande énormément d'heures d'entraînement. On ne dirait pas comme ça, mais je m'entraîne environ une trentaine d'heures par semaine, plus les tournois qui sont quasiment toutes les semaines.

Informatique et tennis de table ?

Il n'y a pas du tout de lien entre l'informatique et le tennis de table. Moi, j'étais très forte en sciences au lycée, donc on m'a orientée vers Sorbonne Université qui avait un parcours pluridisciplinaire pour la L1. Et à la suite de ce parcours qui a intégré de la physique, des maths, de la mécanique et de l'informatique, c'est l'informatique que j'ai vraiment adoré, j'adorais coder.

Comment s'organise ton quotidien ?

Souvent, je me rends 1 à 2 demi-journées par semaine à la fac et le reste du temps, je m'organise pour rattraper les cours toute seule. Grâce au partenariat entre l'INSEP et Sorbonne Université, j'ai un professeur qui m'est dédié pour m'aider dans une matière ou il y a une matière que je vais faire avec l'aide d'un tuteur pour ne pas me déplacer là-bas.

Comment vis-tu ce double cursus ?

C'est une formation en présentiel, donc il y a un rythme à suivre. Une fois, j'ai accumulé un peu de retard parce que par exemple, le mois dernier, j'étais un mois en Asie. Moi, j'aime bien avoir le côté intellectuel qui me permet de me sortir de ma pratique.

Comment prépares-tu les JO ?

Nous, sur le tennis de table, il y a énormément de compétition. En fait, on est sur un modèle comme le tennis, avec un circuit international où il y a des compétitions toutes les semaines. Donc forcément, l'année des Jeux, tout le monde joue beaucoup. Je me sens motivée, excitée et en même temps un peu stressée. Mais là, j'ai envie d'y aller. C'est de la bonne pression, de la pression positive. Je vais tout donner pour essayer d'être sélectionnée.

Portrait de Camille Lutz

Triple championne de France, quintuple même, si l'on compte ses deux sacres en catégorie « junior », Camille Lutz avait comme objectif de représenter la France aux Jeux olympiques de Paris 2024. C'est finalement sa sœur, Charlotte Lutz, qui a été sélectionnée au sein de l'équipe de France. C'est sa mère, elle-même pongiste au niveau régional, qui lui a donné goût au tennis de table et à la compétition de haut niveau. Camille pratique ce sport dès l'âge de six ans puis quitte le domicile familial à treize ans pour suivre un cursus spécialisé au sein du Pôle Espoir Alsace.

Le tennis de table, c'est de famille. Sa sœur cadette, Charlotte Lutz, est pongiste elle aussi - au plus haut niveau, elle aussi. Les sœurs se sont d'ailleurs affrontées en finale du Championnat de France en 2024 (c'est Camille qui a décroché le titre ; Charlotte, quant à elle, fait partie de l'aventure Paris 2024).

Une semaine classique pour Camille Lutz ? Trente heures d'entraînement hebdomadaires, sans compter les compétitions, les déplacements parfois à des milliers des kilomètres, et ses études. Car Camille est encore étudiante. Elle suit actuellement un cursus en informatique à Sorbonne Université.

Son établissement d'enseignement supérieur accompagne les étudiants sportifs de haut niveau en leur proposant des aménagements, un suivi dédié, mais aussi un partenariat avec l'Insep, ce qui permet à ces étudiants de concilier au mieux une carrière sportive exigeante et des études prenantes.

 

L'année des Jeux, tout le monde joue beaucoup. C'est de la bonne pression, de la pression positive.

Camille Lutz
Qu'est-ce que l'INSEP ? L'Institut National du Sport, de l'Expertise et de la Performance (INSEP) accompagne 800 athlètes et 150 entraîneurs dédiés à la performance. À la fois un lieu d’entrainement et de vie, mais aussi de recherche et d’études sur le sport, l'INSEP propose un accompagnement personnalisé de chaque sportif.

Le statut d’étudiant sportif de haut niveau (SHN)

Pour permettre aux sportifs de haut niveau de mener de front études et carrière sportive, ces étudiants bénéficient d'un statut particulier. Un statut qui permet aux établissements de mettre en place un accompagnement personnalisé au sein d'un cursus classique ou encore des parcours spécifiques dédiés aux étudiants sportifs de haut niveau. Cela peut prendre la forme de dérogations pour allonger les années d'études, d'un aménagement des emplois du temps, voire d'une formation en distanciel, etc.

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